Non, le diesel négocié dans le Golfe ne fera pas baisser tout de suite le prix à la pompe. Les 295 000 tonnes par mois obtenues par Emmanuel Macron entre le 19 et le 21 octobre sécurisent surtout l’approvisionnement. La seule baisse annoncée par le gouvernement reste attendue à partir du 1er novembre, avec le déstockage des réserves stratégiques. Ce jeudi 22 octobre, le gazole coûte en moyenne 2,342 € le litre.
- Bahreïn et les Émirats livreront 200 000 tonnes de diesel en plus par mois. Ils s’ajoutent aux 95 000 tonnes saoudiennes.
- Mercredi 21 octobre à Riyad, l’Arabie saoudite a accepté de prolonger ses livraisons « autant de mois que nécessaire ».
- Les économistes interrogés ne prévoient pas d’effet direct sur les prix : ce diesel est acheté au prix du marché.
- La baisse promise par Matignon, de 12 à 18 centimes, est attendue à partir du 1er novembre.
Plan de l'article
- Combien coûte le gazole ce jeudi 22 octobre ?
- Qu’a obtenu Emmanuel Macron dans le Golfe ?
- 295 000 tonnes, ça représente quoi ?
- Pourquoi ce diesel ne fera pas baisser le prix à la pompe
- Quand une baisse est-elle possible ?
- Et le diesel russe envoyé aux États-Unis ?
- Que faire en attendant ?
- Questions fréquentes
Combien coûte le gazole ce jeudi 22 octobre ? #
Nous avons calculé la moyenne à partir des données officielles du site prix-carburants.gouv.fr, publiées en open data sur data.economie.gouv.fr. Sur les 3 061 stations qui ont mis à jour leur prix depuis le 21 octobre (relevé du 22 octobre à 8 h 30), le gazole est à 2,342 € le litre en moyenne.
Huit stations sur dix affichent un prix compris entre 2,25 et 2,44 €. Le litre le moins cher est à 2,143 €, le plus cher à 2,856 €. Le SP95-E10 est à 2,121 € en moyenne. Le diesel coûte donc 22 centimes de plus que l’essence, alors qu’il était historiquement le moins cher des deux.
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Qu’a obtenu Emmanuel Macron dans le Golfe ? #
Le premier volet a été annoncé par l’Élysée le mardi 20 octobre. Il s’agit de 200 000 tonnes de diesel supplémentaires par mois, environ 100 000 venant des Émirats arabes unis et 100 000 de Bahreïn. D’après franceinfo, ces volumes s’ajoutent aux 95 000 tonnes par mois déjà sécurisées auprès de l’Arabie saoudite pour octobre et novembre. Le transport est confié à TotalEnergies.
Le second volet a été obtenu le mercredi 21 octobre, au cours d’une étape à Riyad qui n’avait pas été annoncée. Le communiqué de l’Élysée, cité par Le Figaro et Midi Libre, évoque un accord « pour étendre autant de mois que nécessaire les quantités supplémentaires de diesel » saoudiennes. Avant ce rendez-vous avec Mohammed ben Salmane, les livraisons saoudiennes ne portaient que sur octobre et novembre.
À Doha, le président a aussi annoncé l’équivalent de 2 TWh de gaz naturel liquéfié par mois pendant l’hiver, en provenance du Qatar. Ce volet concerne le gaz et n’a aucun lien avec le prix à la pompe.
295 000 tonnes, ça représente quoi ? #
Selon l’Élysée, ces volumes couvrent « plus de 10 % de la consommation française de diesel ». L’expert en énergie Philippe Charlez, interrogé par La Dépêche, l’exprime autrement : environ « trois jours par mois de consommation » si le rythme des livraisons est tenu.
Pour se faire une idée, voici notre propre conversion, avec une densité moyenne de 0,845 kg par litre. 295 000 tonnes correspondent à environ 350 millions de litres, soit quelque 7 millions de pleins de 50 litres chaque mois. C’est beaucoup pour un automobiliste, mais peu pour un pays où le gazole représente environ 70 % des carburants routiers vendus, toujours d’après Philippe Charlez.
Pourquoi ce diesel ne fera pas baisser le prix à la pompe #
Les experts donnent tous la même explication : ces tonnes sont payées au cours mondial. « Les Émiratis, Bahreïniens et Saoudiens ne font pas de ristourne », résume Philippe Charlez, qui s’attend à un effet nul ou « très à la marge ». Pour Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste du cabinet BDO, interrogée par TF1 Info, de nouvelles importations ne font pas baisser le prix du baril sur un marché international.
L’Élysée dit attendre « un effet » sur les prix, sans pouvoir le chiffrer. Emmanuel Macron a assuré que les Français auraient « le juste retour » de ces volumes. L’intérêt réel est ailleurs : la France ne dépend plus d’un seul fournisseur. Selon Philippe Charlez, les États-Unis assurent désormais près de la moitié de nos importations de diesel, contre 16 % en 2022, et la Russie n’en fournit presque plus.
Quand une baisse est-elle possible ? #
La seule baisse chiffrée par le gouvernement est celle des stocks stratégiques. Le 7 octobre, Sébastien Lecornu a annoncé la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole. Matignon promet de 12 à 18 centimes de moins par litre à partir du 1er novembre, d’après France 24 et La Voix du Nord.
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Philippe Charlez se montre plus réservé. Ces barils seront répartis sur trois mois et mélangés à du gazole acheté au prix fort. Il anticipe un gain de « quelques centimes le litre », variable selon les distributeurs. Le diesel du Golfe pourrait surtout limiter une nouvelle flambée si le baril remonte, comme le souligne TF1 Info.
| Date | Mesure | Effet attendu à la pompe |
|---|---|---|
| 20 octobre | 200 000 t/mois des Émirats et de Bahreïn | Non chiffré par l’Élysée |
| 21 octobre | Livraisons saoudiennes prolongées « autant de mois que nécessaire » | Sécurité d’approvisionnement |
| 27 octobre | Ouverture des demandes d’aide carburant de 100 € | Aide directe, pas de baisse du prix |
| 1er novembre | Déstockage de 10 millions de barils | 12 à 18 centimes promis par Matignon |
Et le diesel russe envoyé aux États-Unis ? #
Le mot « diesel » circule aussi à cause d’une autre actualité. Moscou a annoncé le départ ce jeudi d’un premier pétrolier de 40 000 tonnes de diesel russe vers les États-Unis, à la suite de l’accord entre Donald Trump et Vladimir Poutine, selon le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak, cité par Zonebourse et Le Revenu.
Ce gazole ne peut pas arriver dans les stations françaises : l’Union européenne interdit les produits pétroliers russes depuis le 5 février 2023. Il n’aura donc au mieux qu’un effet indirect, via les cours mondiaux.
Que faire en attendant ? #
Le prix varie de plus de 70 centimes selon les stations. Avant de faire le plein, comparez sur prix-carburants.gouv.fr. Si vous roulez à l’essence, notre article sur le choix entre SP95 et E10 peut vous faire économiser quelques centimes par litre.
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Si vous travaillez et faites beaucoup de route, vous pouvez demander l’aide carburant de 100 € sur impots.gouv.fr à partir du mardi 27 octobre. Pour les conditions et les pièges à éviter, consultez notre guide de l’aide carburant de 100 €.
Questions fréquentes #
Le prix du diesel va-t-il baisser grâce à l’accord avec l’Arabie saoudite ?
Combien de diesel la France a-t-elle obtenu dans le Golfe ?
Quand le prix du gazole doit-il baisser ?
- Gazole à 2,342 € en moyenne ce 22 octobre, 22 centimes de plus que l’E10.
- Le diesel du Golfe (295 000 t/mois) sécurise l’approvisionnement, sans baisse de prix annoncée.
- La baisse chiffrée par le gouvernement, liée aux stocks stratégiques, est attendue à partir du 1er novembre.
- Aide de 100 € : les demandes ouvrent le 27 octobre sur impots.gouv.fr.




