Marques chinoises devant les japonaises en Europe : le basculement du troisième trimestre

Le basculement attendu depuis des années vient de se produire : les marques chinoises ont franchi un cap symbolique en Europe. Selon les données du cabinet Dataforce rapportées le 26 octobre par Bloomberg News et détaillées par L’Automobiliste, les marques chinoises ont représenté 12,7 % des immatriculations européennes de juillet à septembre 2026, contre 11,9 % pour leurs rivales japonaises, Toyota et Nissan en tête. Une première sur un trimestre complet.

De 1 % à plus de 12 % du marché en cinq ans #

Pour mesurer la vitesse du phénomène, il faut se souvenir du point de départ : il y a cinq ans, les marques chinoises pesaient environ 1 % des ventes européennes. Sur le seul mois de septembre 2026, leur part atteint 14,5 %, un record selon la même étude Dataforce. BYD et Chery portent l’essentiel de cette progression, pendant que les constructeurs européens historiques, Volkswagen et Renault notamment, conservent leur place prépondérante sur le marché.

Une précision méthodologique s’impose : les chiffres de Dataforce et ceux de l’ACEA, l’association des constructeurs européens, ne couvrent pas exactement le même périmètre géographique ni les mêmes catégories de véhicules. Les parts de marché publiées par les deux organismes ne sont donc pas directement comparables, mais la tendance qu’ils décrivent est la même.

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Une dynamique déjà visible au printemps

Le mouvement ne sort pas de nulle part. Dès le bilan des cinq premiers mois de 2026, Le Journal de l’Automobile relevait, sur la base des données ACEA, une progression de 158,9 % pour BYD avec près de 100 000 immatriculations dans l’Union européenne et 2,1 % de part de marché, tandis que Chery bondissait de 265 % à plus de 65 000 unités. Le Leapmotor distribué par Stellantis progressait de plus de 530 %, sur des volumes encore modestes. Le tout dans un marché européen en hausse d’environ 4 %, à quelque 4,75 millions d’immatriculations, où les modèles 100 % électriques dépassaient 20 % de part de marché.

Ce que cela change pour qui veut importer ou acheter chinois #

Pour l’acheteur européen, cette percée a des conséquences très concrètes. Première évolution : il devient de moins en moins nécessaire de passer par un import en direct pour accéder à ces marques. BYD, Chery ou Leapmotor construisent des réseaux de distribution officiels dans la plupart des pays européens, avec des véhicules homologués européens, une garantie constructeur valable localement et un service après-vente structuré. L’époque des imports confidentiels de véhicules chinois non homologués est en train de se refermer.

Deuxième conséquence : le marché de l’occasion de ces marques va se constituer rapidement. Qui dit volumes de ventes neuves en forte hausse dit, dans deux à quatre ans, arrivée massive de ces modèles en seconde main, en France comme chez nos voisins. Pour les amateurs d’import intra-européen, les marchés allemand, belge ou néerlandais, souvent plus précoces sur les motorisations électriques, constitueront des viviers à surveiller.

Troisième point de vigilance : la valeur de revente. Sur des marques récemment implantées, la décote reste plus difficile à anticiper que sur un constructeur établi de longue date. Avant d’importer un modèle chinois d’occasion, il reste prudent de comparer les prix entre plusieurs marchés européens, de vérifier la couverture de la garantie constructeur dans le pays de destination et de s’assurer de la disponibilité des pièces auprès du réseau local.

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Les japonais ne disparaissent pas pour autant #

Le dépassement trimestriel reste serré, à moins d’un point d’écart, et les constructeurs japonais conservent des atouts solides : des gammes hybrides éprouvées, une réputation de fiabilité construite sur des décennies et des réseaux après-vente denses. Toyota demeure l’un des tout premiers constructeurs mondiaux. Mais le symbole est fort : sur le marché automobile le plus disputé du monde, l’ordre établi entre nations constructrices vient de bouger, et les prochains trimestres diront si l’écart se creuse.

Questions fréquentes #

Les marques chinoises vendent-elles vraiment plus que les japonaises en Europe ?

Oui, sur le troisième trimestre 2026 : selon le cabinet Dataforce, les marques chinoises ont représenté 12,7 % des immatriculations européennes de juillet à septembre, contre 11,9 % pour les marques japonaises. En septembre, leur part a atteint 14,5 %, un record.

Faut-il encore importer soi-même une voiture chinoise ?

De moins en moins : BYD, Chery ou Leapmotor développent des réseaux officiels en Europe, avec homologation européenne, garantie locale et après-vente structuré. L’import direct ne se justifie plus que pour des cas particuliers, et demande de vérifier garantie et disponibilité des pièces.

Quelles marques chinoises progressent le plus en Europe ?

Sur les cinq premiers mois de 2026, BYD a progressé de 158,9 % avec près de 100 000 immatriculations dans l’Union européenne, et Chery de 265 % à plus de 65 000 unités, selon les données ACEA reprises par Le Journal de l’Automobile.

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